Une délégation des Forces nouvelles, conduite par le ministre de l’Industrie et de la Promotion du Secteur privé, Dosso Moussa, a eu, le jeudi 1ER avril 2010, une séance de travail d’environ deux heures avec le bureau de la Commission électorale indépendante (Cei).
Dans l’après-midi, ce sont les chefs militaires, des forces impartiales, des forces armées ivoiriennes et du Centre de commandement intégré, qui se sont retrouvés chez le président Youssouf Bakayoko. Composée de Me Affoussy Bamba, porte-parole des Fn, et de Mme Fatoumata Traoré-Diop, ancienne vice-présidente de la Cei, la délégation a déclaré à la presse, à la fin de l’audience, être venue transmettre le message de soutien du Premier ministre au président de la Cei et à son institution.
«Il nous a chargés de venir dire au président de la Cei et ses vice-présidents et à l’ensemble de la Commission qu’il soutenait très fortement la Cei. Qui est, aujourd’hui, un partenaire extrêmement important dans la recherche de la paix en Côte d’Ivoire et bien sûr dans la résolution des élections. Il était important que ce message lui soit donné dans ces moments difficiles que nous traversons pour que lui et toute la Cei restent profondément ancrés dans le droit, dans l’application des textes de la République», a déclaré le ministre Dosso Moussa. Il a ajouté que les semaines à venir allaient être marquées par une dynamique au niveau du processus électoral, notamment avec les discussions au sommet de l’Etat.
«Il réitère à nouveau son soutien total aux travaux de la Cei, son soutien total au président pour que dans les jours à venir et de façon sereine, il puisse faire sa déclaration en toute quiétude». Outre les conclusions du conclave des Forces nouvelles qui a eu lieu début mars, Youssouf Bakayoko et ses hôtes ont fait le tour d’horizon de l’actualité socio-politique, comme l’a indiqué le chef de la délégation, Dosso Moussa.
«Nous avons discuté de tous les aspects de la sortie de crise, y compris bien sûr la question de la sécurité. Et comme vous le savez, l’Accord politique de Ouagadougou l’a prévu à travers le Centre de commandement intégré. Ce sont toutes ces questions que nous avons abordées et je crois que nous sommes parfaitement en accord. Nous espérons tous que la sagesse va habiter les hautes autorités de ce pays pour que la Côte d’Ivoire puisse sortir grandie de cette crise», a-t-il plaidé.
Concernant le démarrage du contentieux électoral, le ministre a trouvé «dommage qu’on s’accroche aux dates», estimant que perdre «un mois, deux mois, ce n’est rien du tout s’ils sont mis à profit pour sortir définitivement la Côte d’Ivoire de cette turbulence». En attendant sa sortie officielle, l’émissaire de Guillaume Soro a confié : «le secrétaire général des Forces nouvelles est en parfaite harmonie avec toutes les décisions qui vont être prises par le président de la Cei».
La rencontre entre la Cei et les militaires a, elle, porté naturellement sur le plan de sécurisation du processus électoral conformément aux dispositions de l’Accord politique de Ouagadougou. Selon le général Bakayoko, chef d’état-major des Forces armées des Forces nouvelles, il s’agit de présenter les dispositions prises pour restaurer «la confiance» entre les acteurs et la population.
«Le plan est viable, il faut que la volonté politique accompagne ce plan», a-t-il souhaité. Il a également exhorté la population à soutenir l’armée. Pour sa part, le colonel-major Kouakou Nicolas, commandant du Centre de commandement intégré a affirmé avoir exposé les actions réalisées, celles en cours et celles qui suivront. Concernant le débat sur le désarmement avant ou après les élections, il a indiqué que l’armée ne fait qu’exécuter des ordres.
«Nous ne sommes pas dans cette dynamique, nous sommes des techniciens et nous allons sur le terrain. Prenez l’accord complémentaire IV, tout est clair, je n’ai pas de commentaires particuliers à faire». Le colonel-major a ajouté que Fds-ci et Fafn sont en de bons termes. Notons que tous les acteurs intervenant dans le dossier du désarmement ont été associés à la rencontre avec les militaires, notamment les coordonnateurs du Pnrrc et du Service civique, respectivement Daniel Ouattara et Jean Paul Malan.
Plusieurs membres du cabinet y ont également pris part : le directeur de cabinet adjoint Koffi Koffi Paul et les conseillers spéciaux du Premier ministre, Alain Donwahi et Me Konaté Fakhy.