La Directrice Côte d’Ivoire de la Fondation Jimmy Carter, Madame Sabina Vigani était ce lundi 29 mars 2010 à la Commission Electorale Indépendante où elle a échangé avec le Président de l’Institution, Monsieur Youssouf Bakayoko.
Pendant une demi-heure environ, les deux personnalités ont fait un tour d’horizon du processus électoral en cours dans notre pays. A la fin de l’audience, nous avons tendu notre microphone à Mme Vigani. Entretien.
Question : Vous venez d’échanger avec le Président de la CEI. De quoi avez-vous parlé ?
Sabina Vigani : Nous avons tout naturellement parlé du processus électoral en cours en Côte d’Ivoire. C’était une opportunité pour nous de saluer et de féliciter le nouveau Président de la CEI. Nous nous connaissons depuis qu’il était au Ministère des Affaires Etrangères. Nous sommes venus renouer le contact. C’était essentiellement cela et surtout pour l’encourager dans sa nouvelle tâche.
Question : De quoi avez-vous concrètement parlé ?
SV : Nous avons parlé en particulier du défi de renouer la confiance avec l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus électoral.
Q : Qu’est ce que la Fondation Carter compte apporter à la Commission Electorale Indépendante ?
SV : Nous sommes des observateurs. Donc concrètement nous sommes là pour observer le processus. Nous sommes des témoins pour voir comment les choses se passent, pour dire comment quelque chose qui n’est pas fait doit l’être. Nous sommes aussi là pour faire des suggestions. Nous sommes également là pour renforcer la confiance dans la transparence du processus. C’est cela notre contribution.
Q : Avez-vous des inquiétudes par rapport à l’avancement du processus et le Président vous a-t-il donné la date de démarrage du contentieux ?
SV : Non, le Président ne m’a pas dit quand est-ce que le contentieux va s’ouvrir par ce que je pense qu’avant de décider d’une date ferme, il y’a probablement encore une ou deux questions qu’il faut d’abord régler. Et d’ailleurs, nous espérons que, pour une fois, qu’on nous donne une date qui puisse être respectée par ce que c’est aussi un élément important justement pour créer la confiance. Par ce que chaque fois on donne une date qui n’est pas respectée. Cela enlève beaucoup de crédibilité. Aujourd’hui qu’on en discute avec les ivoiriens, avec les représentants de la communauté internationale. C’est cela le gros problème du processus électoral en Côte d’Ivoire. Personne n’y croit plus. Cela n’est pas digne de la Côte d’Ivoire d’être dans cette situation. Il est donc important que toutes les questions restées en suspens soient aplanies pour qu’on donne une date de reprise de ce contentieux selon des modalités agrées par tout le monde. Je ne pense pas qu’on va réinventer la roue par ce que nous avons dejà fait une première phase du contentieux. Il faut s’assurer que tout le monde soit d’accord sur ces modalités et puis on y va.
Q : Qu’est-ce que le Président Bakayoko vous a dit à propos de toutes ces inquiétudes que vous soulevez ?
SV : le Président a dit qu’il travaillait à s’assurer qu’il y’ait un accord entre tous les acteurs sur comment aller de l’avant. Dans la mesure où nous sommes dans un processus de sortie de crise, tout doit être bâti sur la base de la confiance. Donc il faut le temps qu’il faut, espérons que ce n’est pas trop long par ce que la Côte d’Ivoire aussi a besoin d’aller aux élections…
Q : Quelle date proposez vous ou voyez-vous ?
SV : Je ne sais pas. Nous ne sommes pas ici pour donner des dates. Il faut que les uns et les autres travaillent sérieusement et de bonne foi et que, aussi les acteurs politiques aident le Président à construire ce consensus pour qu’on puisse reprendre dans les meilleurs délais le processus. Nous avons perdu trois mois depuis janvier.