Le Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), M. Youssouf Bakayoko a reçu en audience mercredi 24 mars 2010 à 16 h 30 mn, au siège de l’Institution sis aux II Plateaux, M. N’Gouan Patrick, Président de la Convention de la Société Civile, accompagné pour la circonstance de ses plus proches collaborateurs.
Dans sa déclaration à la presse, M. N’Gouan Patrick a situé le cadre de sa visite : « Nous sommes venus pour présenter nos félicitations à la nouvelle Direction de la Commission Electorale Indépendante parce qu’elle a été choisie dans des conditions un peu polémiques et comme elle a fait l’objet d’un consensus, nous sommes donc venus lui exprimer nos félicitations et nos souhaits de plein succès à la tâche difficile qu’elle doit conduire.
Ensuite, nous avons relevé les acquis réalisés par la CEI depuis sa création jusqu’aujourd’hui, les succès qu’ils ont réalisés dans des conditions difficiles.
Mais, nous n’avons pas manqué de noter que, à côté de ces succès, de ces réalisations, il y a quelques insuffisances dues à une insuffisance d’indépendance de la CEI, une insuffisance de l’impartialité de la CEI, une insuffisance de transparence dans le fonctionnement de la CEI et une insuffisance de professionnalisme.
Par rapport à tout cela, nous avons fait un ensemble de recommandations qui sont soumises à leur appréciation et nous avons surtout dit que nous souhaitons qu’il y ait des rencontres régulières pour faire le point avec la Commission Electorale Indépendante pour, ensemble corriger un peu les quelques faiblesses qui pourraient intervenir dans le processus électoral ».
La Convention et le nouveau Responsable de la CEI ont-ils parlé de la date des élections ? A cette question, le Président de la Convention de la Société Civile répond : « Non, nous n’avons pas parlé de date, mais nous avons tout simplement demandé à la nouvelle Direction de la CEI de nous communiquer dans les meilleurs délais, un calendrier des opérations restantes, mais un calendrier motivé. Nous préférons un calendrier plus scientifique que politique.
Nous avons souhaité que la nouvelle CEI fasse preuve de plus d’expertise que de considérations politiques ».
Parlant du problème du désarmement avant les élections, M. N’Gouan Patrick s’est voulu dans ses propos on ne peut plus catégorique : « Nous n’avons pas parlé de cela avec eux. La CEI a pris connaissance des documents que nous lui avons transmis. Elle va les analyser et nous allons nous rencontrer à nouveau pour en discuter de manière encore plus approfondie. Comme ce contact que nous venons d’avoir est le premier, nous ne sommes pas entrés dans les détails, mais nous avons arrêté un certain nombre de principes :
Pour le Président de la Convention de la Société Civile, la question des élections avant ou après le désarmement ne doit être traitée que par la CEI, « parce que la CEI a la charge de l’organisation administrative, technique et juridique des élections. Tout l’aspect militaire ne relève pas de la CEI, mais relève d’autres compétences impliquées dans l’organisation directe des élections. « Nous sommes observateurs, mais nous sommes quand même objectifs. On ne peut pas imputer à la CEI le contexte et tous les paramètres. Je parle de la CEI, mais je parle également du centre de commandement intégré, je parle des Forces Impartiales, l’ONUCI et autres.
Si toutes ces structures estiment que, sortant d’une crise ou bien dans une crise, le degré actuel de sécurité atteint permet d’aller aux élections de manière apaisée, la Convention n’y voit pas d’inconvénients parce que ses membres sont sur le terrain maintenant.
Si les acteurs estiment qu’ils peuvent faire davantage en matière de désarmement et de démantèlement des milices et le désarmement des Forces Nouvelles, et bien, c’est à eux d’apprécier.
A propos de la révision de la liste électorale provisoire, le Président N’Gouan Patrick a fait savoir à la presse que la réponse n’est pas du côté de la structure qu’il préside, mais plutôt du côté de ceux qui sont sur le terrain : « La reprise de la liste électorale provisoire, tout comme le renouvellement des CEI locales, cela est laissé à l’appréciation de la Commission Electorale Indépendante.
« Si la CEI estime qu’elle doit faire une audit de la liste électorale, cela est de sa pleine compétence. Si elle estime qu’elle doit revoir la composition de ses antennes locales, cela relève ainsi de son appréciation. Chacun doit connaître sa place. Et nous, notre rôle, c’est de regarder, de critiquer et de faire des propositions et non de décider ».